Migration irrégulière / De Grand-Lahou en Tunisie, l’enfer financier d’Alice

Ex-migrante ivoirienne revenue de la Tunisie en 2018, Alice Mondon n’a eu que des déboires au cours de son aventure. Très optimiste cependant, elle s’est engagée dans la sensibilisation contre la migration irrégulière, ce fléau qui mine notre jeunesse.

« Je suis Alice Mondon et je reviens de la Tunisie où j’ai vécu du 18 avril 2017 au 5 juillet 2018. Je vivais à Grand-Lahou (ville côtière située à environ 150 km d’Abidjan au sud de la Côte d’Ivoire), où je travaillais comme caissière dans une compagnie de transport. Je gagnais 104 000 Fcfa par mois et j’étais régulièrement payée. Une ancienne collègue partie en Tunisie m’a fait croire que je pouvais gagner plus et avoir une meilleure vie là-bas. Mon objectif étant de bien m’occuper de ma famille et de mon enfant, j’ai suivi son conseil et je suis allée en Tunisie. Arrivée dans ce pays, rien n’a été comme je l’espérais », raconte cette ex-migrante rencontrée au cours d’une activité de sensibilisation à Abidjan.

En effet, l’histoire d’Alice pose le problème du manque d’information auquel sont confrontés la plupart des candidats à l’immigration. Beaucoup de jeunes qui s’en vont en espérant un avenir meilleur, avaient un emploi et une situation assez stable dans leur pays d’origine.

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De 104 000 Fcfa qu’elle gagnait à Grand Lahou, Alice est contrainte de travailler comme fille de ménage gratuitement pendant environ six mois, avant de percevoir 400 dinars (environ 80 mille Fcfa). Ce salaire largement inférieur à ce qu’elle percevait dans son pays, était donné à la suite de moult brimades et traitements inhumains. Lassée de cette situation dégradante pendant 2 ans environ, Alice décide de quitter ce boulot pour tenter un retour dans son pays. Chose qu’elle réussira à faire grâce au soutien et à l’appui de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Au sein de cet organisme onusien, et décidée à ne pas rester en marge de la sensibilisation contre la migration irrégulière, elle s’est engagée dans le programme « Migrants as Messengers (MaM) », qui regroupe des volontaires migrants de retour, pour aider d’autres jeunes à ne pas commettre la même erreur qu’elle pour vivre sa mésaventure et sa désillusion.

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« Je prends plaisir à expliquer aux jeunes dans nos activités qu’il est nécessaire de prendre de bonnes informations avant de s’engager dans un projet migratoire. Aujourd’hui je suis de retour et j’essaie de me reconstruire », soutient Alice avec optimisme.

Serge Hengoup & Raphael Okaingni

(Ndlr : Produit à l’issue de l’Atelier de formation initié par l’OIM, en faveur des journalistes sur les questions de la migration irrégulière à Grand-Bassam, Côte d’Ivoire)

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