Logistique urbaine / Pourquoi la livraison à moto se démocratise en Côte d’Ivoire

Le visage du commerce ivoirien évolue vite. Avec l’essor du e-commerce et des ventes via réseaux sociaux, de plus en plus de commerçants, artisans ou auto-entrepreneurs recourent à la livraison à moto, une tendance qui transforme la logistique urbaine, en particulier à Abidjan.

Avant l’émergence de ce modèle, la livraison reposait largement sur des systèmes informels ou des compagnies de transport peu adaptées aux petits colis. Aujourd’hui, des plateformes structurées locales ou internationales offrent des solutions “dernier kilomètre”, adaptées aux contraintes des villes africaines.

Pour un petit commerçant vendant sur Facebook ou WhatsApp, la démarche est simple: un client commande, paye, souvent via mobile money, et un livreur à moto prend en charge le colis. Le suivi peut se faire en temps réel. Ce modèle permet de joindre des clients dans tout le Grand Abidjan, sans ouvrir de boutique dans chaque quartier.

Mais, comme le constate tout observateur, des défis persistent. L’informalité domine toujours dans le secteur : nombreux sont les livreurs sans contrat formel, sans couverture sociale. L’absence d’adresses précises, l’état de certaines voies urbaines, et la dépendance aux paiements à la livraison rendent encore fragile le maillon “dernier kilomètre”.

Cependant, face à la croissance rapide du e-commerce, la livraison à moto apparaît de plus en plus comme un levier stratégique, capable d’améliorer l’accès des Ivoiriens aux biens, de dynamiser les commerces en ligne, et de contribuer à la structuration d’un marché logistique national plus résilient.

F. Kouadio

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