Cacao et cajou / Où en est la transformation agroalimentaire en Côte d’Ivoire en 2025 ?

La Côte d’Ivoire avance résolument vers un modèle économique où la transformation locale occupe une place croissante. Les filières cacao et cajou, essentielles à la structure agricole du pays, connaissent des évolutions contrastées mais significatives, appuyées par les données de la Banque mondiale, du Trade.gov, du journal Le Monde et du Trésor français.

La filière cajou est le véritable catalyseur de cette transformation. De 68 000 tonnes en 2015, la capacité locale est passée à 350 000 tonnes en 2024 (Banque mondiale, 2025). Le secteur a généré plus de 18 000 emplois, dont deux tiers occupés par des femmes. L’impact se reflète également dans les exportations d’amandes, en hausse de 52 % pour atteindre 72 000 tonnes en 2024 (Ecofin). Un effort national vise à atteindre 50 % de transformation à l’horizon 2030, soutenu par de nouvelles installations industrielles.

Le cacao, malgré son poids économique historique, rencontre davantage de contraintes. Si le pays reste le premier producteur mondial, la transformation locale demeure limitée. Les nouvelles exigences de traçabilité, mises en avant par Le Monde (mai 2025), imposent une adaptation rapide des coopératives pour répondre aux normes environnementales internationales.

Selon les analyses du Trésor français, cette faible transformation prive encore le pays d’une partie de la valeur ajoutée qui pourrait renforcer les revenus nationaux et stabiliser les producteurs.

La Côte d’Ivoire se trouve donc au cœur d’une transition: d’un modèle agricole basé sur l’exportation brute vers un modèle agro-industriel générateur de valeur, d’emplois et de compétitivité. Les progrès sont visibles, notamment dans la cajou, mais la pleine réussite dépendra d’investissements durables, d’une meilleure structuration et d’une adaptation rapide aux normes globales.

F. Kouadio

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